Lorsqu'elle arriva au village, elle fut surprise par le silence qui y régnait, si l'on exceptait bien entendu les cloches qui sonnaient toujours. Elle s'avança vers l'église, de plus en plus inquiète de ne voir personne dans les rues, les maisons aussi avaient l'air d'être abandonnées.
Arrivée à l'église, elle poussa la porte pensant trouver du monde derrière, mais non, toujours personne. Elle appela le curé: puisque les cloches sonnaient, c'était que quelqu'un tirait les cordes, mais le curé ne vint pas. Louison s'approcha alors pour voir qui sonnait les cloches si ce n'était pas le curé. Elle se trouva face à face avec une vielle femme qu'elle ne connaissait pas du village.
Elle lui demanda pourquoi elle sonnait les cloches et la vielle lui répondit qu'il fallait bien que quelqu'un le fasse puisque les gens étaient partis. A toutes les questions qui lui posait Louison, la vielle femme répondait la même chose: que les gens étaient partis et qu'il fallait bien que quelqu'un sonne les cloches.
Au bout d'un moment, Louison se dit que la vielle devait être folle, surement que le coup qui lui avait laissé cette horrible cicatrice au cou avait dù lui faire perdre un peu la raison. Elle quitta donc l'église, laissant la vielle à ses cordes et partit dans le village. Ses pas l'amenèrent au cimetière, abandonné comme le reste, si ce n'est une tombe recouverte d'une herbe bien verte parsemée de fleurs. Louison s'approcha de cette tombe, très intriguée et lorsque sur la croix elle lu le nom de sa mère, elle cru se trouver mal.
Au fond d'elle même, elle avait toujours gardé l'espoir de revoir sa mère vivante et de voir sa tombe sans avertissement lui fit un choc. Elle regarda les autres croix et s'apperçu que celle de sa mère était la plus récente et qu'elle datait du moment où elle, Louison, avait quitté le village. Elle se demanda pourquoi les gens avaient abandonné le village après son départ (si l'on exceptait la vielle folle qu'elle ne se souvenait pas d'avoir déjà vu). Pensant trouver une réponse dans une des maisons, elle se mit à fouiller le village.
Elle ressentait un malaise au fur et à mesure de sa fouille car elle avait l'impression que les gens n'étaient pas partie mais qu'ils avaient disparu d'un seul coup: leurs affaires étaient encore dans leurs maisons. Dans l'une d'elles, elle trouva un livre, un vieux livre.
Et chose curieuse, ce livre appartenait à sa mère. Comment pouvait-il être au village? Ce livre, combien de fois avait-elle eu envie de l'ouvrir malgré l'interdiction formelle de sa mère. Elle se dit que la clé de tous les mystères devait se trouver à l'intérieur. Elle l'emporta donc dans la maison, dans la forêt.